"Neuf titres, dont sept dans la calsse reine, c'est un grand accomplissement. Je suis très heureux et il me faudrait une bonne heure pour aller remercier tous ceux qui y ont participé, les gens de Yamaha, mon équipe, en particulier Jeremy (Burgess, son chef mécanicien), ma famille et mes amis. Ils me procurent tous un bon équilibre. Quand on veut rester à ce niveau toute une saison, on a besoin de calme et de sérénité et, pour cela, il faut être entouré des bonnes personnes, surtout dans les mauvais moments. C'est là où ils sont encore plus précieux."
L'arrivée de la pluie au moment du départ ne vous a-t-elle pas inquiété ?
"Je pense que sans cette averse, nous aurions eu une superbe course entre les quatre meilleurs pilotes du championnat. Mais la pluie a modifié la donne, tout le travail des essais n'a servi à rien car on avait réglé la moto sur le sec. Je voulais gagner mais Stoner était trop fort, alors je me suis battu pour le podium."
Comment analysez-vous votre saison ?
"J'ai eu des hauts et des bas. Mon meilleur moment et ma plus grande émotion furent sans aucun doute mon dépassement sur Lorenzo à Barcelone dans le dernier virage. Un des instants les plus excitants de ma carrière, je pense. A l'inverse, mon erreur et ma chute d'Indianapolis constituent mon plus mauvais souvenir. Mais il fut suivi par une victoire idéale à Misano devant mon public et finalement tout est rentré dans l'ordre."
Est-ce le championnat le plus difficile que vous ayez vécu ?
"Sûrement un des plus durs, en tout cas plus difficile que l'an dernier quand j'avais remporté le titre après deux saisons noires."
Vous avez longtemps bataillé pour le titre avec Lorenzo cette année? Est-ce le rival le plus dangereux que vous ayez eu à affronter ?
"Lorenzo m'a obligé à me surpasser, à élever encore mon niveau. Notre duel à Barcelone restera un souvenir inoubliable. Il a fait un sacré boulot en me mettant tout le temps la pression. Nous ne sommes pas frères, mais j'ai beaucoup de respect pour lui et je dois lui tirer mon chapeau."
Voilà quatorzes saisons que vous êtes au plus haut niveau. Comment expliquez-vous cette exceptionnelle longévité ?
"Je me sens motivé comme jamais. J'ai toujours la même passion de piloter encore mieux, j'ai toujours soif de vaincre. Je prends beaucoup de plaisir à chercher à m'améliorer en travaillant avec mon team. Ma passion pour la course, c'est ce qui me motive et m'aide à me donner toujours à fond. Et puis, surtout, je déteste perdre."
Vous avez aujourd'hui trente ans. Ne vous sentez-vous pas un peu vieux face à la génération montante ?
"Quand j'atais jeune, c'était moi qui mz battais contre les anciens. A présent, je suis plus vieux que mes rivaux et je dois m'entraîner et me préparer encore plus dur pour rester concentré. Mais j'aime toujours autant relever ce genre de défi. Je suis plus vieux, mais j'ai aussi plus d'expérience."
Comment imaginez-vous la prochaine saison ?
"Elle sera aussi très, très dur. Nous avons des machines équivalentes en termes de performance et je pense que àa se jouera encore entre Lorenzo, Stoner, Pedrosa et moi. Juste après le dernier Grand Prix à Valence, nous attaquerons le développement de la nouvelle Yamaha M1 et j'ai hâte de m'y mettre, mais j'ai mon plus grand rival dans mon propre team et je sais que ce ne sera pas facile.Mais vous pouvez compter sur moi, je défendrai mon titre."
Vous êtes à un titre du record de Giacomo Agostini dans la catégorie reine, pensez-vous pouvoir l'améliorer ?
"Le record d'Agostini (huit titres en 500) n'est pas une chose impossible, celui des victoires non plus (103 pour Valentino, 122 pour Agostini). Cela dépendra de combien d'année je veux encore courir? Je vais y réfléchir cet hiver et je donnerai ma réponse l'été prochain. J'ai trente ans et je pense être encore bon pour le service pour quelques années




